Il est 6h du matin. J'ai dormi en pointillé. Toutes les heures le mot CONCOURS me réveillait.
"Hello...vous dormez ? Interroge ma prof.
-Non. Répondis-je en un rire.
- Cela fait plus de dix fois que je revois la variation dans ma tête !
- Moi aussi"
Ca me fait plaisir. Elle stresse autant que moi.Et c'est comme si par cette apréhension commune, la danse nous liait intimement. Elle me comprend je le sais. Et elle seule sait ce qu'il m'attend. Nous nous levons d'un pas motivé.Je prépare les accessoires de coiffure et maquillage. Maman confectionne mon chignon. Il est temps d'aller déjeuner. Je n'ai pas faim. Une boule me cloit l'estomac. Elle est présente depuis une quinzaine de jours mais aujourd'hui je la resens davantage. C'est le jour J. Je m'efforce d'avaler quelque chose et nous remontons pour finir de nous préparer. Je m'applique et maquille avec soin mon visage. Je n'ai pas le corps d'une danseuse et mon justaucorps me rend énorme ! Autant que lui, soit fin et éblouissant. Ca y est. Tout est prêt.Les valises sont clouées. Nous fermons la porte de la chambre n°227. Nous sommes en route pour le théâtre Jean Alary ou se déroulera les épreuves. Prendre la voiture et voir tous ces paysages défilés avec cette boule au ventre me colle presque la nausée. Nous sommes arrivés. Nous avons trouvé une place tout près du théatre dans lequel nous pénétrons. Il est 9h30.Je dois trouver un lieu ou m'échauffer un peu.
Après avoir tourner en rond quelques minutes, nous nous arretons dans une salle a l'étage.
D'ailleurs, il y a la des danseurs de Hip-Hop. Je les admire tournoyer sur eux même et éxécuter leurs figures quelques peu acrobatiques. Qu'importe le style la danse est en un mot Merveilleuse. Ils dégagent une force et une présence que je ne saurais expliquer...Et, fait par des garcons, je trouve que ca rajoute un charme ! Il y a de même un groupe de jazz qui répète.La vache ! y'a du niveau. Je sens mal Bellegarde...Pourvu que se ne soit pas pareil en classique !Je vais me faire ramassé.
" Fais des battements et tes étirements, tu seras chauffé.Tu reverras tout ensuite."
La voix de mon professeur m'arrache a mes pensées. Mais elle a raison. Je dois avant tout penser a la danse. A MA danse.L'heure approche...Machinalement je repasse en long et en large ma chorégraphie.Mais impossible.Je ne ressens pas ma danse. Elle n'est pas en moi, je ne la vis pas. Je suis pareille a un automate. Le trac ! Je l'ai pour de vrai pour la première fois de ma vie. Sale bête ! Il m'empêche de me sentir "danseuse".
" Le début de ton fouetté se fait au sol pour le tour en dedans "Automatiquement j'éxécute en prenant compte du conseil.Mais non je rate encore ma réception ! Je ne le maitrisais pas parfaitement déja en cours. Tout à coup j'ai l'impression qu'il m'échappe . Tout m'échappe d'ailleurs Je me sens comme un vulgaire petit rat à qui on demande un rôle d'étoile...je n'aurais jamais le niveau. Tout est bien trop dur. Pas le temps de me morfondre plus. Il est déja l'heure d'aller en coulisses. Nous allons alors dans les vestiaires réservés au danseurs (et professeurs)
J'hote T-shirt et guettres. J'apercois alors mon refletdans le miroir sur ma gauche. Je bloque un instant. Ce n'est pas Adeline en face de moi. Ou plutôt pas celle que les gens connaissent.
Je vois ici "Adeline la danseuse". Surement la vrai "moi". En quelques secondes ma mémoire trace des années de danse, de travail, de patience, d'acharnement.Un concours?
Le concours Régional ? C'est bien trop beau tout de même...
Une dame mince et brune nous appele alors . Elle vérifie que chaque danseuse soit bien présente une par une. Olala ! Une trentaine de filles se pressent autour de moi . Je les admire un peu. Qu'elles sont belles ! Des lignes parfaites, le menton haut et l'oeuil vif, elles resemblent a de vraies danseuses elles. Je me sens vraiment insignifiante. Je croise le regard de quelques unes d'entre elles et je leur esquisse un sourire. Elles froides, détournent la tête. Oh ! La rivalité. C'est dur. Cependant elles n'ont pas tord, sur scène ca sera chacune pour sa peau et pas de quartier ! Même si personne n'a réellement envie d'écraser quelqu'un, nous avons toutes le même objectif : Etre la meilleure. Je surpasse alors la pression croissante en moi en me retenant de ne pas commencer a pleurer. Puis une danseuse se plante devant moi et me fais son plus joli développé arabesque. Impressionant ? Oui elle est très souple. Lui répondre ? Non. Je lève la jambe aussi haut qu'elle et en suis tout a fait capable. Mais inutile de me perdre dans de pareilles batailles de jalousie. Je préfère me concentrer." Ton succés sera la meilleure des répliques". La femme aux cheveux bruns nous fait entrer dans les coulisses de la scène. Ce sont des coulisses commes les autres. A coté de moi se trouve le machiniste et l'ingènieur du son. Pas l'habitude de les voir eux ! Ca fait bizarre. Nous sommes vraiment à l'interieur de l'action. Et puis cette scéne ! Elle est immense, et vant tout elle est inconnue. Je vais devoir me l'approprier en une seule fois. La femme a notre coté annonce le début au micro : Catégorie classique moyen 1. Je jette un coup d'oeuil autour de moi. Tout est calme. Danseuses et professeurs sont tous silencieux. Personne ne parle. On peut lire la même peur dans tous les yeux. C'est une ambiance particulière presque pesante. La première candidate s'élance en piste. Je n'ai pas envie de la regarder danser de peur de me rendre compte qu'elle est bien meilleure que moi mais je m'en vois obligée. Elle n'a pas un mauvais niveau mais pas non plus un exellent. Ca me rassure...un peu. Soudain je panique. Je ne me rapelle plus de la variation ! D'aucun pas ! C'est la catastrophe ! De plus je ne sens plus mes jambes..ou je les sens doublement. Elles me semblent peser des tonnes ! Comme si je n'avais plus aucune force. Et cette boule au ventre s'est amplifiée ! Elle me prend a présent toute la poitrine sacadant ma respiration.
345 ... 346 ... 347 ... 348 ... 349 ... 350 c'est moi. J'y suis . Pour de bon . Le pied pointé derrierre de dos, je sens les bras de mon professeur me serrer les épaules et ses lèvres dépausaient un baiser sur ma peau. Je rentre en scène dans mon plus beau port de bras.
La musique démarre alors en même temps que moi. Je ne réfléchis pas. Tout se fait de manière automatique. Je ne sais pas ou je suis. Je ne prête attention ni au public, ni au jury. Puis je me rend compte réellment ou je me trouve et ec que je suis entrain de faire, comme lorsque l'on se réveille. Non ! J'étais en train de sourire. Inconsciemment. Je me sentais transporter et voila que le trac me frappe en pleine face ! Je rate la reception de ma double pirouette. Et pourtant c'étais celle que je maitrisais le mieux ! A ce moment la je me crispe et me dis "tout est fini". Mais non ! Je me ressaisis " GISELLE ! " Pense que c'est GISELLE qui danse ! Une étoile ne lache pas ! jamais ! Tu as fais une erreur, alors soit au top pour la fin pour pouvoir la rattraper ! Et je donne alors le maximun de moi même. J'utilise toute ma puissance pour le grand jeté écart final. Je finis la tête haute et fière puis leur fais ma plus gracieuse révérence.
" Merci Mademoiselle. Numéro 351"
Ca y est c'est terminé. Je fonds en larmes. Je suis capable de mieux ! De beaucoup mieux !
Mais jn'ai pas le droit a second passage. Mon professeur tente de me consoler.
Je tache de reprendre mes esprit et de me convaincre que malgré tout c'était une belle aventure et nous allors voir les jazz solo et groupes passer. Oh ! C'est magnifique !Pour certains. Ce niveau ! C'est impressionant. Nous nous régalons pendant une heure et demie.
Midi. Il nous faudrait manger..L'appétit se fait plus présent maintenant que je suis passé..
Nous trouvosn un genre de khebab en face du théatre. On prend le temps de manger. Après tout la remise des prix ne commence qu' 14h30. Nous discutosn de tout et de rien mais surtout du concours et de la danse. A vrai dire je me sens un peu dans mon milieu. Vient alors le moment de rentrer. Le théatre ouvre dans quelques minutes, nous sortons dehors. C'est la cohue. Tout le monde se presse devant avant l'ouverture des portes.
" Jonathan te regardait..." me chuchote ma prof dans l'oreille. Je sais. je l'ai repéré depuis un moment. Mais pour tout dire a ce moment la, je m'en fou...complétement. Je n'ai que " Remise des prix en tête". Est-ce que j'aurais quelque chose ? J'ai bien peur que non.
Une fois rentrer je revais me changer et me remet en tenue de concours. Tiens ! Chou' !
Il est la lui aussi dans le vestiaire. Lui parler ? Après tout il me reste un peu de temps..Après quelques banales phrases je le quitte sur un "Bon courage" ( Il danse lui après ma remise des prix...)mais je ne m'inquiète pas.C'est un excellent danseur.Pour ma part je suis bien contente que toute cette pression qu"il subit soit derriere moi. Et je me dirige vers la salle de spectacle. Tous les danseurs, parents, élèves, professeurs,amis s'entassent. Les professeurs sont appelés sur scène. Et le jury vient s'y joindre. On les applaudits bien fort ! Surtout moi. je les admire tous ces gens. Je me sens proche d'eux. On parle le même langage..celui de la danse. Sur une table mise en place pour la cause, je peux voir briller les médailles...signes de réussite. Elles me paraissent inaccessible.
Et puis ca commence.
On obtenu une mention: Patati patata les noms défilents (enfin 4noms)J'attend avec impatience le mien. Au mon dieu! Au moins une mention.. On ne m'a pas cité.
J'ai alors une envie immense de pleurer.Mon rêve m'est passé loin a coté.
" J'ai rien eu... "Dis je a ma mère en baissant la tête.
A obtenu un Troisième prix : Coullomb Adeline.
Soudain tout le brouhaha des bavardages, des applaudissments, des cris de ma mère,ne devient q'un bruit de fond. Je n'entend rien. Je plane, je vole, je suis dans un autre monde. Celui de la danse. Il m'a conduit vers un point que j'ai toujours révé. Troisième prix au concours régional..C'est irréel. Je grimpe les marches me séparant de Jeanne Albertini, membre du jury, afin d'aller cherche Ma médaille et MON diplôme.
" Adeline ? me questionne-elle pour s'assurer qu"il s'agisse bien de moi.
- Oui.
-Félicitations ".
LA PASSION EST UN DESIR QUI SE MUE EN PLAISIR, QUI VIBRE A L UNISSON D'UN REVE QUE L ON TOUCHE DU BOUT DU COEUR.